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L'Expression 08-03-2010
MOUVEMENT DE GRÈVE DANS L’ÉDUCATION
Une reprise mi-figue mi-raisin
Les menaces de sanction du ministre de l’Education ont fait plier la majorité
des enseignants.
Entre la peur des menaces du ministère et le sentiment de solidarité entre
syndicats, la reprise, hier, des cours s’est faite, dans l’anarchie. Si les uns
ont rendu leur tablier, les autres ont prolongé leurs vacances. A Alger, à
l’instar de certaines wilayas, la reprise était mi-figue, mi-raisin. Une
certitude. Les menaces du ministre de l’Education, Boubekeur Benbouzid, ont fait
plier les enseignants. La reprise a bien eu lieu dans la majorité des
établissements. Cela n’exclut pas, bien entendu, que le débrayage s’est
poursuivi dans d’autres établissements. A Alger, la reprise était partielle. Une
tournée au niveau des établissements de la capitale a suffi pour constater que
le mot d’ordre de grève trouve toujours un écho. Hussein Dey, à 10h, les élèves
se cachent sous leur parapluie et rebroussent chemin pour rentrer chez-eux. «Pas
de reprise. Ils nous ont fait sortir du lycée», a déclaré une élève du lycée
Aïcha. Elle n’était pas la seule. Des dizaines d’autres quittent l’école pour se
mettre au chaud et éviter le froid glacial de la journée d’hier. «Je n’ai vu
aucun enseignant reprendre les cours», a confié Amine, 16 ans, lycéenne à
Hussein Dey. Cette ambiance donne déjà un avant-goût de ce qui se passe dans
d’autres établissements de la capitale. Au lycée Emir-Abdelkader, à Bab El Oued,
les élèves passent leurs examens. Mais, pas tous. «Nous avons passé le
premier examen de 8h à 10h, mais après ils nous ont fait sortir. Nous avons un
autre examen, mais nous ne l’avons pas fait», explique Zinou, un élève de
terminale. Pour connaître le taux de reprise, on a essayé de discuter avec le
proviseur du lycée Emir-Abdelkader. Mais l’agent de sécurité nous a interdit
l’accès. «On ne vous reçoit pas!» Cette déclaration émane de la bouche du
gardien de l’établissement et non pas d’un responsable. Le «Monsieur» ne
veut rien entendre. «Je vous ai dit que je n’ai rien à transmettre au
directeur. Quittez les lieux s’il vous plaît». Résignés, on quitte, donc,
les lieux à destination du lycée, les Frères Barberousse ex-Delacroix. Sur les
lieux, tout se passe bien. Pas de grève. Les élèves poursuivent leurs études
normalement. Cet établissement n’a pas été touché par le mouvement de grève,
dans la mesure où les cours ont été assurés d’une façon régulière, la semaine
dernière. A El Idrissi, à la place du 1er -Mai, la paralysie était totale.
Presque tous les élèves ont été obligés de quitter les classes. «Pas de
cours. Pas d’enseignants. C’est le gel total», avoue un groupe d’élèves
rencontrés sur place. Impossible de confirmer de tels propos auprès de
l’administration. Une femme en blouse blanche nous repousse du portail du lycée:
«Il vous faut une autorisation de l’Académie d’Alger. Sans cette autorisation
je ne vous ouvre même pas la porte.» En ce qui concerne la reprise en dehors
de la capitale, elle s’est déroulée dans le flou. A Béjaïa, la reprise s’est
faite dans une cacophonie totale. Par manque d’information, les travailleurs et
enseignants exerçant dans le cycle moyen ont partiellement suivi le mot d’ordre
de reprise lancé par le conseil national du syndicat majoritaire l’Unpef. La
délégation représentant la wilaya de Béjaïa a quitté le conseil national de l’Unpef,
samedi, sur une position de rejet de la reprise. Le même constat reste valable
pour la wilaya de Tizi Ouzou. La reprise des cours s’est déroulée dans un flou
qui a visiblement perturbé les élèves. Malgré l’appel de l’Unpef à la reprise,
certains établissements n’ont pu accueillir les collégiens. Toutefois et de
façon globale, les cycles primaire et moyen ont repris le travail dans des
conditions normales.
A Bouira, les menaces du ministre n’ont finalement pas influé sur la décision
des enseignants. Les bureaux locaux du Cnapest ont reconduit le mouvement de
grève. L’ensemble des établissements secondaires de la wilaya ont renvoyé les
élèves jusqu’à demain ou mercredi. Toutefois, la reprise a touché partiellement
les établissements d’enseignement moyen. A noter que dans quelques collèges, la
reprise a été totale selon la direction de l’éducation.
Les enseignants d’Oran n’ont pas attendu la tenue, aujourd’hui, du conseil
national extraordinaire du Cnapest pour renouer avec les cours. Si certains
enseignants, tous paliers confondus, ont repris le chemin des classes, les
enseignants du secondaire campent toujours sur leurs positions. A Constantine,
la majorité des établissements scolaires a repris le travail, y compris ceux
affiliés au Cnapest qui comptaient reprendre leur exercice aujourd’hui. En
effet, certains enseignants ont rejoint leurs postes hier sans attendre la
décision du bureau national.
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Suivez le déroulement de la grève dans les wilayas
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Communiqué du bureau national
23/02/2010
Sur médiatisation, tromperie, diversion et violation de la vie privée de
l’enseignant, sont autant de faits ayant entaché la démarche du M.E.N, et ce,
suite à la publication du soi-disant bulletin de paie dans la presse et les
médias lourds nationaux, alors que dans les sommes d’argent communiquées ou y a
intégré l’I.A.P.P. calculée sur la base de 40% et payée semestriellement,
laquelle indemnité, si elle est soustraite, montrera que l’augmentation ne
dépasse pas 10% du nouveau salaire de base, ce qui est très loin de l’accord
conclu avec le M.E.N dans le cadre de la commission mixte et loin de
l’aspiration de l’éducateur algérien à un salaire lui préservant sa dignité et
lui conférant un statut social acceptable.
Le bureau national du CNAPEST, tout en dénonçant
cette sur médiatisation et cette tentative de duper l’éducateur en entretenant
délibérément le flou à travers un communiqué du ministère, le moins que l’on
puisse dire est qu’il vise vainement à monter l’opinion public contre
l’enseignant, exige de la tutelle le respect du cadre du travail instauré par le
gouvernement pour l’élaboration du régime indemnitaire devant déboucher sur la
mise à jour et la revalorisation des anciennes primes, au nombre de quatre avec
institution de nouvelles d’une valeur considérable qu’on ne retrouve, hélas,
pas dans le communiqué du ministère.
Aussi, il est à préciser que les arriérés et rappels par
lesquels la tutelle tente de tromper l’éducateur ne sont en définitive que le
du de ce dernier, et ce, conformément au décret présidentiel 304/07 portant sur
la nouvelle grille nationale des salaires.
Par
ailleurs, le procès verbal ayant suspendu la grève nationale des trois semaines
du mois de novembre comprenait la satisfaction des deux autres dossiers que sont
les œuvres sociales que le M.E.N a ignoré dans son communiqué.
Par conséquent, le bureau national du CNAPEST n’étant
pas en possession de réponses convaincantes à propos des revendications des
enseignants au regard de l’ambiguïté préméditée, fait porter au M.E.N l’entière
responsabilité des conséquences qui en découleraient et informe les PEST que le
communiqué du conseil national N° 01/a /2010 du 06/02/2010 demeure en vigueur et
les appelle à rester mobilisés autour de leur syndicat pour arracher leurs
revendications légitimes.
Enfin, eu égard des violations répétées des lois de la
république et pour sauvegarder la crédibilité des institutions de l’Etat et
rétablir la confiance en elle, le bureau national du CNAPEST lance un
appel à son excellence le président de la république, en sa qualité de premier
magistrat du pays, à s’impliquer afin de rétablir l’éducateur algérien et lui
donner le rang social à même de lui permettre de se consacrer à sa noble mission
qui consiste en la formation du citoyen de demain.
P/ le bureau national
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Déclaration du Bureau National
19/02/2010
Ayant
pris connaissance, par le biais de la presse nationale, des déclarations faites
par monsieur Khaldi, secrétaire général du M.E.N, à travers lesquelles il
dévoile toute l’ampleur de son désarroi, face à la mobilisation sans précédent
du corps éducatif et à sa détermination à entamer un mouvement de grève à partir
du 24 février 2010 qui ne s’arrêtera qu’une fois les revendications relatives au
régime indemnitaire, aux œuvres sociales et à la médecine du travail satisfaites
comme convenu dans les commissions mixtes : ministère- syndicats CNAPEST et
UNPEF.
Le SG du
M.E.N, aurait mieux fait d’annoncer les réponses attendues par la communauté
éducative au lieu de se hasarder dans des accusations et des menaces dont
l’intention est de tromper l’opinion publique, ne travaillant pas ainsi les
intérêts du secteur dont il a pourtant la charge d’assurer la stabilité.
Le
bureau national du CNAPEST, tient à dénoncer vigoureusement les provocations de
ce responsable, qui semble vouloir pousser la situation au pourrissement dont il
est le seul à en détenir les tenants et aboutissants.
Dans ses
tentatives maladroites et vaines de verser dans la diversions, alors qu’il
aurait du donner des réponses concrètes aux revendications dont la légitimité
est reconnue publiquement par les pouvoirs publics, le SG se permet d’assimiler
la protestation pacifique et réglementaire des enseignants à une pratique
terroriste dont le but serait, à en croire les allégations de ce responsable, de
briser l’avenir des générations et de clochardiser la grève, faisant fi ainsi
des sacrifices consentis, ainsi que des efforts déployés par les enseignants
durant les années difficiles qu’a vécues notre pays pour dispenser à nos
progénitures le savoir et ce, en dépit des défaillances criardes contenues dans
les programmes parachutés.
Poussant encore loin ses accusations, monsieur
Khaldi va jusqu’à qualifier les syndicalistes de groupe de manipulateurs qui
seraient, selon lui, eux même manipulés par des partis politiques ! Et sur ce
point précis, le bureau national du CNAPEST refuse des se laisser entrainer par
le S.G sur le terrain politique et tient à se limiter à sa seule mission
syndicale qui consiste en la défense des intérêts matériels et moraux des
adhérents du CNAPEST.
Il est
néanmoins à relever que les seuls mérites de la sortie ratée de monsieur Khaldi
est celui d’avoir apporté les preuves de son incapacité à gérer les conflits qui
surviennent dans le secteur et d’avoir avoué l’inefficacité de son département
de la communication, chose vérifiée par y compris l’opinion publique qui relève,
à juste titre, que monsieur Khaldi excelle surtout dans l’art de contredire son
propre ministre.
En fin,
le moins que l’on puisse dire à propos des agissements de ce responsable est
qu’ils sont contraires à l’éthique et aux lois en vigueur, lui qui n’hésite pas,
à titre d’exemple, de nous déclarer qu’il n’est pas tenu de respecter les PV
cosignés, voir mêmes les lois qu’il est sensé respecter et appliquer
strictement : « Ne me parler pas de la loi 88/07 relative à la médecine du
travail » dixit monsieur khaldi lors de la dernière réunion de travail tenue
sous sa présidence.
Alger, le 19/02/2010
P/ le bureau national
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Conseil National Autonome des Professeurs de l'Enseignement Secondaire et Technique cnapest@gmail.com |
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